Sous le porche de l’arche où volait la colombe

Noé croquait ravi le raisin prometteur,

Noé rêvait, groggy d’ivresse et de bonheur,

Et son rêve irisait les restes de la trombe.

 

Un bleu de ciel et d’eau colorait le Déluge

Où Noé se mirait, mirage évanescent ;

Où Noé mesurait son désir renaissant

Après sa quarantaine au fond de son refuge.

 

Et les couples épars de l’ardent patriarche,

Couverts à tout jamais des affres de la pluie,

À tout jamais lavés des ténèbres enfuies,

 

Accueillant la lumière, éternisaient dans l’arche

L’éclat resplendissant du soleil retrouvé

Et colloquaient diserts de la Fraternité.

 

Sonnet écrit en 2000