vitriol coq2

Le veilleur

 

 Dans un vieil appentis qu’encerclent fondrières,

Empierrements obscurs et sombres frondaisons,

D’étranges graffitis que depuis nous taisons

Évoquent le sépulcre, et l’antre des mystères.

 

De son trousseau de clefs, l’experte cellérière

Emmure à double tour qui entre en sa prison

En croyant n’y trouver que le nom d’un poison

Mais qu’effare ce nom sous la pâle lumière.

 

Qu’écrire dans le noir quand arrive enfin l’heure

Des mots à griffonner sous la bougie qui pleure

Tout en se consumant, comme vie qui s’enfuit ?

 

Qu’écrire évanescent quand le seul qui demeure

Dans l’angoissant silence où tout nous semble leurre

C’est l’impavide coq, ce veilleur dans la nuit ?