Agape Fresque d'un banquet dans une tombe des catacombes des saints Marcellin et Pierre, Via Labicana, à Rome*

AGAPE

 

S’il reste à partager un peu de pain et d’eau

Ou que vienne à manquer cette maigre pitance,

Il nous reste les mots et même les silences

Et le don fraternel des sourires jumeaux…

 

Des regards avivés de ceux de Birkenau,

De ceux qu’on liquidait, à la blessure immense,

Et qui pourtant rompaient en signe d’espérance

La moindre miette en deux au nez de leurs bourreaux.

 

En nos temps de misère et de molle opulence

Où comme un imbécile à Noël je me lance

Dans la course à la bouffe, à nourrir une gouape

 

Pour flatter ma conscience, en jetant mon obole

D’un air compatissant, faussement bénévole,

J’oublie que c’est Amour qui préside à l’Agape.

 

*Fresque d'un banquet dans une tombe des catacombes des saints Marcellin et Pierre, Via Labicana, à Rome.