Bateau-feu2*photo Emmanuel Pierrat

 L’esquif

Le frêle esquif au gré des flots suit ses chimères,
Ivre de houle il tangue et roule en cabotant
De port en port, tirant des bords par tous les temps,
Insolemment il cingle et vogue en eaux amères.

Le frêle esquif tout enfiévré du chant d’Homère
Frôle en silence au long des quais les nefs d’antan,
Les vieux gréements que l’on amarre aux cabestans
Et l’œil éteint du bateau-feu, phare éphémère.

Son nautonier ébouriffé fume bouffarde
D’âcre tabac de flibustier et trop lui tardent
Les vents marins chargés d’embruns et les récifs…

La toison d’or, l’île au trésor sont les rambardes,
L’autre versant de l’odyssée de ce vieux barde
Qui vit d’amour et d’horizons sur son esquif.