1er mai fourmies-1er-mai-1891

Éployés du 1er mai.

 

Le travail a sa fête autant que ses bourreaux,

Ses fâcheux accidents ; il nous vaut des médailles

Pour des ans et des ans passés vaille que vaille

Au châtiment divin et rebutant fardeau.

 

Longtemps les plus finauds, barons et hobereaux,

Parasites ancrés paressant à Versailles,

Intimaient de trimer partout à la piétaille

Tandis qu’ils paradaient, parlant bien, portant beau.

 

Et voici qu’aujourd’hui, le travail c’est l’emploi,

Les contrats, les acquis, tout est de bon aloi.

Mais l’emploi a son mode adéquat aux machines…

 

Méfions-nous de ce mot, employés, employeurs :

L’Homme n’est point robot, il a droit au bonheur,

À trois brins de muguet, à redresser l’échine.