Aux-portes-d-Angkor--1-

 

La porte basse

 

 

Depuis toujours je vais, fuyant de porte en porte,

Chassé du chaud giron où je baignais heureux,

Sans espoir de retour à l’antre de mes vœux,

Et traînant le remords du rêve qui m’emporte.

 

Jamais je n’ai trouvé de porte qui m’exhorte

À m’y risquer un soir, car je suis bien de ceux

Qui voudraient voir s’ouvrir à deux battants les cieux

Et vivre d’ambroisie  entourés d’une escorte.

 

De cet étroit passage où chacun met les voiles

Pour affronter la vie et ses réminiscences,

Je cherche les parfums, je cherche les fragrances.

 

Mais si je veux chercher ce que fut mon étoile,

C’est à la porte basse, où frêle et sans prestance,

Je dois courber l’échine et m’armer de patience.

* Portes dans un des temples d'Angkor