J Baker

Dépositaires de la vie

 

 

S’il suffisait de naître, innocent les mains pleines,

De téter à dessein un sein providentiel,

D’avoir tout à loisir sur terre comme au ciel

Dans l’excès, la pléthore, la vie serait sereine.

 

Mais il faut respirer, vagir à perdre haleine,

Sinon la cyanose inocule son fiel,

Violente est la vie, ses décrets démentiels,

Tissée dès le départ de courage et de peine.

 

Il faut naître et connaître, et d’épreuve en épreuve

Mesurer qu’en la vie c’est la mort qui s’abreuve

Et tout inversement, que l’équilibre est là.

 

En conscience et patience essayons de tisser

En naissances tressées autant que métissées

Ce grand désir de vie en tous ses entrelacs.