mule chargée

Dérives

 

Par les camis pierreux, assaillis de soleil,

Les mules essoufflées des vents souvent contraires

Ahanaient espérant un vespéral salaire

D’avoine, d’un peu d’eau, d’un semblant de sommeil.

 

Et leurs bâts surchargés de fardeaux sans pareil,

D’amphores de froment et de quoi satisfaire

Les palais délicats de nombreux feudataires,

Ces mules s’en allaient au pas lent de l’éveil.

 

Mais il est loin ce temps ibérique et romain

Des Maures et des juifs, unis en leurs chemins

Et dans les cent cités de ces sierras altières.

 

Aujourd’hui tout se fait par tracteurs et poids lourds.

Les sierras ne sont plus que concerts de bruits sourds

Et qu’antres de fêtards où tout court à sa bière.